Conseille

Personne ne comprend mon métier !

19 juillet 2015

Dans le monde du travail, il y a des métiers très connus : Couturière, Prof d’école, Boulangère, Electricienne. Puis il y a les autres : « Consultante MOA Summit Front Office », « Asset Manager », « Auditeur interne », « Développeur intégrateur logiciel », « Ingénieur Calcul » (clin d’oeil à celui qui se reconnaîtra). Ceux dont on ne comprend rien à l’intitulé. Dans l’entrepreneuriat, c’est un peu pareil : on invente notre métier de toutes pièces. On invente le concept, le produit, la cible. Résultat : cela devient difficile d’expliquer à un investisseur (ou à sa mère) que l’on organise des événements pour blog addicts (par exemple, dans mon cas). Mon exemple vous parle ? Voyons comment régler ça !

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En créant Oh my Blog!, notre but était clair : nous voulions organiser des événements pour blogueuses en partenariat avec des petites marques et des créateurs. Le concept a été plus que bien accueilli par notre communauté. Tout le monde voyait l’intérêt de notre démarche et en prévoyait le succès. Tout le monde… enfin les blogueuses surtout. Et ceux qui connaissaient le monde des blogs. Passée cette frontière, nous nous confrontions à un mur de sourcils interrogateurs…

« C’est quoi un blog ? »

« C’est comme skyblog, non ? »

« À quoi ça sert de raconter sa vie sur l’internet ? »

« Mais, y a des gens qui sont intéressés par ça ? J’veux dire, y en a beaucoup des blogueuses ? »

« Ah ouais, les blogueuses modes, non ? J’ai vu un truc à la télé, elles ont des sacs Chanel gratos les bitches »

« Je vois pas trop ce que ça apporte aux marques, moi »

« Bon chérie, faut que je t’avoue, j’ai toujours pas compris ce que tu fais, donc je dis aux gens que tu fais des sites internet »

Et ça, ce n’est que mon entourage proche.

Lire : comment convaincre ses proches de soutenir son projet

Je vous laisse imaginer nos rendez-vous avec le banquier, la conseillère de la CCI, l’avocat, le comptable, les jurys de concours d’entrepreneurs. Ou quand un directeur marketing d’une multi-nationale très connue nous demande pourquoi, dans notre business plan, nous n’avons pas mis de budget pour des flyers, des affiches et du street marketing car-vous-comprenez-je-suis-directeur-marketing-d’une-multi-nationale-très-connue-j’en-sais-un-rayon (« peut-être parce que le principe de la blogueuse est de se situer géographiquement sur l’internet, monsieur »).

Des rendez-vous toujours très folkloriques. C’est d’ailleurs simple, nous avons choisi nos différents conseillers et prestataires sur cet unique critère : ils comprenaient (ou feignaient de -) et s’intéressaient à notre concept.

Nous en étions venues à un point où nous faisions tout pour éviter la question fatidique du « tu fais quoi dans la vie ? ». Mentir, rester évasive, changer de sujet, tenter… « …pour blogueuses. » Ça passe ou ça casse. Soit la personne comprenait tout de suite et là elle devenait instantanément notre amie pour la vie. Soit nous entrions dans un discours de sourds qui finissait souvent par : « tu vois ta recette du boeuf bourguignon que tu as trouvé sur le site Hervé Cuisine ? Ben tu l’as trouvée sur un blog ».

Puis un jour, lasse d’avoir peur d’expliquer ce que je faisais, j’ai tenté une autre approche. J’ai parlé leur langage. Le langage de ceux qui ne partagent pas ma passion. Je leur ai dit que j’organisais des rencontres, entre des personnes qui sont influentes sur l’internet et des petites marques qui ont besoin de se faire connaître. Plus facile à saisir.

Bien sûr, cela ne reflète qu’une infime partie de mon concept, mais je n’ai pas besoin d’aller plus loin pour rendre les collègues de ma mère heureuses. Elles comprennent, disent « ah c’est bien ! » et ne posent pas plus de questions. Je garde mes explications techniques pour ceux que ça intéresse vraiment.

Désormais, c’est donc à la tête du client que je choisis la formulation de mon métier. En fonction de la personne qui est en face de moi, je m’adapte. J’essaie de parler un langage qu’ils comprennent. Je fais en sorte que nous parlions la même langue. Et les choses sont bien plus faciles ainsi.

La morale de cette histoire et le conseil que je voudrais partager avec vous aujourd’hui, c’est de toujours faire en sorte de parler le même langage que votre interlocuteur. Peu importe ce que vous expliquez : votre métier, vos passions, votre savoir. Adaptez-vous. Ne parlez pas du dernier plugin et du CSS que vous avez dû changer dans l’éditeur de votre WordPress à votre grand-père, dîtes-lui que vous avez créé un site internet toute seule avec vos dix doigts (je caricature, hein, mais vous voyez l’idée). Dîtes-lui quelque-chose qu’il puisse comprendre et savourer avec vous. Vous en serez tous les deux plus heureux !

Expliquez les choses simplement et avec des mots accessibles. Faîtes entrer ceux que vous aimez dans votre univers en commençant par le commencement. Une fois qu’ils auront compris les bases, vous pourrez affiner petit à petit avec des détails plus techniques. Ne fermez pas la porte sous prétexte qu’ils ne peuvent pas comprendre. Sinon, vous resterez éternellement dans un dialogue de sourd, voire dans un non-dialogue.

Lire : flagrant délit d’auto-sabotage

Je ne peux pas vous dire le soulagement et le plaisir de partager avec ses proches la chose qui vous tient le plus à coeur. Voir l’incompréhension s’effacer dans leurs yeux et les questions vraiment intéressées alimenter la conversation. En parlant leur langage, je les invite petit à petit à parler le mien. Et à partager mon bonheur avec moi. Cela vaut le coup, non ?

Racontez-moi

Connaissez-vous cette situation ? Avez-vous déjà eu du mal à faire comprendre votre métier ou projet à votre entourage ? Des solutions à nous partager ?

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17 Comments

  • Reply Morgane 19 juillet 2015 at 8 h 29 min

    Bonjour Anouk, j’adore ton billet, c’est tellement vrai ! J’ai et je galère toujours autant à expliquer mon métier. Enfin, les « gens » comprennent le principe mais refusent de croire que c’est un métier 😉 « Nan, paske y a des gens qui te PAYENT pour que tu écrives pour eux ??? » Euh, oui… Alors, maintenant, je dis que je suis écrivain (ah ça c’est bon, ça passe), blogueuse (là ça me permet de savoir si la personne connaît le web ou pas) et que j’écris aussi pour les entreprises. Et là étrangement, ça fonctionne plutôt pas mal. Sinon, je dis que je fais des sites internet, ah ah ah. En tout cas, maintenant je comprends mieux ton métier, merci ^^

    • Reply Anouk_Talgirls 19 juillet 2015 at 10 h 52 min

      Ahahah comme quoi, cela m’aura rendu service ! ^^
      Je suis heureuse de voir que nous sommes bien nombreuses dans ce cas ! Un jour nos métiers seront les actuels « boulangers, électriciens and co » et nous ne comprendrons plus rien aux métiers de nos enfants 😉

  • Reply Laurence 19 juillet 2015 at 10 h 47 min

    Excellent ton article !
    C’est du vécu !
    Surtout quand, en plus, tu blogues sans que ça te rapporte spécialement autre chose que de la satisfaction personnelle, en tout cas pour commencer !

    • Reply Anouk_Talgirls 19 juillet 2015 at 10 h 51 min

      Exactement ! Heureusement que la communauté bloguesque est super soudée ! 😉

  • Reply Fanny Faraboule 19 juillet 2015 at 11 h 01 min

    Moi aussi j’élude souvent la question. Même si je crée des objets physiques et que je ne suis pas dans quelque chose d’immatériel comme les rencontres que tu organises, il faut avouer que pour le commun des mortels je passe mes journées à faire du loisir créatif. Alors souvent je dis que je suis vendeuse intérimaire dans différents petits magasins, vu que je participe souvent à des boutiques éphémères.
    J’ai aussi remarqué que les gens avaient besoin d’enfermer les autres dans des petites cases, je ne sais pas si c’est propre à la France ou non mais c’est assez pénible comme construction mentale. Des fois je tombe sur des gens qui ne veulent faire aucun effort de compréhension, c’est trop fatiguant pour eux !
    Ca change petit à petit, mais il y a encore du chemin à faire.

    • Reply Anouk_Talgirls 19 juillet 2015 at 11 h 29 min

      Mon Dieu oui ! Dès que l’on déborde un peu de la case, il n’y a plus personne. Courage les filles ! Unissons-nous pour éduquer notre entourage et révolutionner un peu tout ça ! We can do it !

  • Reply Lili Célestine 19 juillet 2015 at 13 h 53 min

    Ce billet tombe à merveille ! Je suis lassée de devoir sans cesse me justifier, surtout à mon entourage ! Je suis couturière / créatrice avec le statut AE. Dans mon entourage proche, j’ai zéro crédibilité ! On prend ça pour un  » passe temps  » en attendant que je retrouve un VRAI travail ( que je ne cherche pas vu que c’est justement mon vrai travail ). Les gens suggèrent même en douce à mon mari de me pousser à reprendre le chemin du travail ou à entreprendre une formation pour me  » recycler « . C’est déjà très difficile de mener sa barque toute seul, mais quand en plus les gens ne croient pas en vous c’est comme ramer à contre courant… Sans parler des proches qui proposent les mêmes prestations que moi mais gratuitement car bon  » c’est juste une morceau de tissus et une fermeture éclair  » qu’on me dit… Vraiment très difficile en France de faire accepter ces nouveaux métiers ou métiers un peu hors du commun… Mais je m’accroche alors merci pour ton billet, ça remonte le moral de voir qu’on est toute confronté à cela !

    • Reply Marie-Helene 24 juillet 2015 at 10 h 18 min

      Haha, au début j’ai aussi eu droit à « et tes recherches d’emploi, ça avance? » – mais euh, je ne cherche pas d’emploi j’ai lancé mon business. « Ah oui, mais ça c’est provisoire, non? » C’est du provisoire qui rapporte et qui commence à se prolonger 😉

  • Reply Marielle 19 juillet 2015 at 13 h 58 min

    hihihihihiiii moi j’ai toujours pas trouvé mon pitch pour les personnes en pleine incompréhension…tiens il faut que je me penche dessus, pour arrêter d’éviter la question!!!
    Et ton article me parle beaucoup…ma dernière conversation de sourds avec chéri: « mais euhhh c’est quoi un shooting???? » il lui a fallu 3 semaines pour intégrer le concept!!!! ahahhahahah!!!
    Bisous Anouk!

  • Reply Amélie 20 juillet 2015 at 7 h 14 min

    Ralala, tellement ! J’ai appris à me rôder avec le temps, mais les gens me prennent toujours pour une cinglée XD « J’ai monté un salon de thé dans un magasin de jeux de société, et je propose des ateliers créatifs », ça passe bien, ça dit tout et rien du tout, et les gens me laissent tranquille XD C’est au niveau administratif que c’est plus compliqué « mais vous travaiillez où, concrètement ? bah je me balade » « et le local du salon de thé, il est pas à vous, comment ça se fait ? » XXDD Mais c’est bien, ça nous force à créer notre pitch, à comprendre nous même ce que l’on fait, ce que l’on créé. L’expliquer à nos proches, à ceux qui ne sont pas dans le même métier ou le même univers que nous, c’est justement nous permettre de mettre des mots plus « communs » sur ce pour quoi on travaille d’arrache pied ^^

  • Reply Amandine 20 juillet 2015 at 8 h 04 min

    Moi à la base je suis Planner Stratégique hehe
    Autant dire que maintenant que je suis freelance (« à mon compte » pour la famille), je suis passée à « Consultante en stratégie et image de marque » : les petits entrepreneurs comprennent, ça va ! Bon mes grands-parents disent que j’aide les entreprises à vendre leurs produits hihi et c’est pas faux !!
    J’ai aussi un blog sur mon site : au début même mon copain ne comprenait pas l’intérêt, jusqu’au jour où un client m’a dit qu’il m’avait choisie parce que les articles étaient intéressants et que ça l’avait rassuré 😉

  • Reply Anne-Laure 20 juillet 2015 at 9 h 12 min

    Merci pour cet article ! Pour ma part, blogueuse aussi sur la vie des entrepreneurs, on peut dire que c’est difficile pour certains de comprendre tous ces nouveaux métiers, nouveaux business modèles… Mais cela fait aussi le charme de certaines conversations de soirée !!!!
    Il faut rester zen… ça viendra dans les mentalités que les blogueurs travaillent en fait réellement !!!
    Bonne journée !

  • Reply Estelle 20 juillet 2015 at 23 h 45 min

    c’est très vrai de devoir s’adapter en fonction de son interlocuteur ! De mon côté j’ai le problème supplémentaire d’avoir plusieurs casquettes : le design graphique (mieux que graphiste, un peux simple pour certains mais pas aussi pompeux que directrice artistique…) + la papeterie printable (mais c’est quoi les plateformes de vente en ligne ? et on les trouve comment ?) + l’évènementiel & le blog (quesako les sweet tables ???) avec la cerise sur le gâteau : mais tu fais tout ça !!! Ben oui, je n’ai que 10 doigts et un cerveau mais je m’amuse bien avec 😉

  • Reply Marie-Helene 24 juillet 2015 at 10 h 15 min

    Aaaah un article qui me parle ! Je suis consultante en marketing internet, spécialisée dans la stratégie pour les réseaux sociaux et la création de contenus. Quand la famille me demande ce que je fais, j’ai même pas envie d’expliquer parce que je sais par expérience que les gens n’y comprennent rien. Parfois je dis que je fais des sites internet 🙂
    Le plus drôle (enfin, si on veut) ça a été d’obtenir un devis pour mon assurance professionnelle. Pourtant j’avais rédigé un job description que je croyais clair. On m’a d’abord classé dans les informaticiens, avec par exemple une couverture de risque sur les dommages causés aux serveurs des clients en cas de virus. Euh… Finalement mon troisième interlocuteur a compris et m’a dit « ah mais vous ne faites pas de l’IT, vous faites de la communication, en fait! » Ben oui… même si elle passe par les ordinateurs 🙂

    Je crois que ce phénomène ne va faire que s’amplifier, parce que des tas de métiers apparaissent grâce aux évolutions de la société et des technologies. On n’a pas fini d’essayer d’expliquer 🙂

  • Reply Emilie 7 août 2015 at 15 h 05 min

    Coucou à toutes!
    Alors oui en effet c’est pas facile quand on quitte un boulot avec une situation sûre pour se lancer en indépendante pour notre entourage. Même mon mari ne prenait pas au sérieux… jusqu’au jour où il s’est rendu compte que j’avais lancé officiellement mon business sans lui avoir dit! Le comble… Je lui ai pourtant fait comprendre mais mon impression de n’être pas prise au sérieux, voir des moqueries, ou l’impression que ce que je racontais ne l’intéressait pas, a fait que je lui disais plus rien… c’était minant. Maintenant (après une discussion vive mais utile) c’est bon… mais mon blog que je tiens, il voit toujours pas l’intérêt! 😉
    Courage!!!

  • Reply Estampapier 14 août 2015 at 5 h 45 min

    AH AH AH C’est vraiment bien écrit. Je reconnais les réflexions qui sont parfois les mêmes pour moi. Mon entourage familiale est comme moi donc je n’ai eu que des encouragements mais ce sont surtout les connaissances qui me regarde d’un air condescendant et ne prend même pas la peine de poser des questions. Si on a pas un métier répertorié dans le dictionnaire, on est extra terrestre.
    Anecdote, mon mari qui n’allait jamais sur mon blog à mes débuts, y va de temps en temps quand j’ai le dos tourné et me fait des compliments l’air de rien. Par contre il a toujours été à côté de moi pour me soutenir et me conseiller pour mes créations. L’attitude de mon mari est la plus importante pour moi.
    Merci pour cet article!

  • Reply Hey Cocoon 10 septembre 2016 at 14 h 56 min

    Je viens à peine de commencer et c’est déjà compliquer d’expliquer. x)
    Donc j’essaye d’etre soft mais bon…

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