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Comment j’ai créé mes deux entreprises – Partie 2

19 septembre 2015

La semaine dernière, je vous ai parlé de mon parcours avant la création de mes entreprises. De mes doutes et des obstacles que j’ai pu rencontrer avant de réellement réaliser mon rêve. Je vous invite, si vous ne l’avez pas encore fait à aller lire ce début et à me rejoindre juste après pour la suite de l’aventure. C’est parti, deuxième partie !

Comment j'ai créé mes deux entreprises talented girls

Crédit Photo : Amelia Stanwix photography

Sur ma porte, il y a une liste de rêves. Des petits, des grands. Ils prennent toute la longueur de la porte. Chaque jour, j’essaie de me rapprocher d’un. Certains rêves ne sont pas pour tout de suite, car je le sens en moi : ce n’est pas le bon moment. Pour réaliser ses rêves, il faut être patiente mais pas passive.

Un rêve mis de côté : organiser un événement pour blogueuses. Quand son blog prend de l’ampleur, on commence à être invitée à des événements très sympathiques où l’on rencontre d’autres passionnées que l’on ne connait que de nom… de blog. Il suffit de discuter 5 minutes ou d’échanger un sourire en vrai, pour grimper d’un niveau dans nos amitiés virtuelles. J’aime tellement la magie de ces rencontres que j’ai voulu la recréer pour toutes les blogueuses. Peu importe leur ancienneté.

Organiser des événements, c’est fastidieux et il me fallait quelqu’un de confiance et d’aussi passionné que moi pour m’aider. J’ai donc mis ce rêve en attente, jusqu’au jour où Marinette est arrivée.

Marinette, elle vient du Sud.

Je l’ai rencontrée sur les bancs de l’école de commerce à Bordeaux. Nous avons été amenées à travailler ensemble plusieurs fois et avions un point commun : nous étions les tyrans des travaux de groupe. Celles avec qui personne ne voulait travailler. Celles qui rendaient toujours les devoirs en premier. Marinette a créé son blog peu de temps après moi. On ne se connaissait pas tant que ça, mais on se comprenait.

Puis un jour, à ma très grande surprise, Marinette qui « jamais de la vie n’irait vivre à Paris », est venue vivre… à Paris.

L’idée m’est venue quelques mois après nos retrouvailles. Un matin, dans ma salle de bain, comme un éclair de génie. En pyjama, le cheveu ébouriffé, je lui ai envoyé un texto : « Marie, tu voudrais pas organiser un événement pour blogueuses avec moi ? ». Cinq minutes après, la sentence tombait : « oh ouaaiiiiiiiissss ! carrémeeent, c’est mon rêêêve !! ». Ça, c’est l’efficacité de ma Marinette.

Lire : comment devenir super efficace

Une semaine après, nous frappions à la porte de Kristian, pour lui demander de se joindre à notre aventure. Avec son oui, nous lancions le teasing sur nos réseaux et les démarchages de partenaires.

Nous avions un budget de 0€ et absolument rien à prouver. C’était notre premier événement et nous y sommes allées au culot. Parce qu’on y croyait, tout simplement. Nous avons obtenu une quinzaine de partenariats (dont des grandes marques comme L’Oréal ou Cultura) et avons rapidement dépassé les 1000 fans Facebook. Nous avions une communauté qui croyait fort en notre projet et des partenaires qui nous soutenaient.

On dit que pour créer une entreprise, il faut des sous.
Nous sommes la preuve que non.

Ne pas avoir d’argent nous a forcées à être plus créatives et donc plus malignes. Et pour moi, ce sont ça les qualités premières d’un entrepreneur.

Notre événement a été sold out en quelques minutes. Très vite, on nous en a demandé d’autres, un peu partout en France et ailleurs. Kristian, lui aussi, nous a poussées à continuer sur notre lancée. C’est là que nous nous sommes rendues compte qu’une entreprise était peut-être née.

Nous étions lancées sur une autoroute à pleine vitesse. Pour ma part, mon rêve devenait réalité. Pour Marinette, un nouveau destin se révélait. Nos stages de fin d’étude se terminaient, nous avions 24 ans, c’était le moment où jamais d’essayer.

Créer notre entreprise a été une vraie révélation : pour la première fois de ma vie, j’étais parfaitement alignée avec moi-même. Mes valeurs, mes rêves, mes envies, tout tombait sous le sens. J’étais apaisée, sereine, épanouie, je m’étais trouvée.

Lire : si ta vie était un roman…

C’est comme si j’étais exactement là où je devais être.

Quand nous ne sommes pas alignées avec nous-mêmes et avec notre chemin, nous le sentons au fond de nous, comme une gêne psychologique mais aussi physique. Nous choisissons souvent de ne pas y prêter attention, de ne pas voir la vérité en face. Un jour, cette nature revient au galop et ne pouvant plus continuer à supporter cette gêne, elle finit par exploser. Mon incroyable chance a été d’écouter et de suivre mes intuitions très jeune. Je n’ai donc mis « que » 24 ans à me trouver. Généralement, nous laissons les autres décider pour nous : l’école, la famille, les enfants, le banquier, la pression sociale … et n’admettons le besoin d’être nous-mêmes qu’après avoir longtemps donné pour les autres.

Quel bonheur d’être complètement épanouie dans ce que l’on fait 80% du temps, c’est-à-dire dans son travail ! C’est une force qui nous permet de passer chaque obstacle, chaque difficulté, chaque peine, avec plus de courage et de philosophie.

Car créer une entreprise n’est pas de tout repos, surtout quand on n’y connait rien. Notre machine était donc lancée mais nous n’avions pas de plan. 80% du temps, nous étions incapables d’expliquer ce que nous faisions.

Et là était la raison de notre succès : nous faisions.

Nous étions tout le temps en action, à tester, échouer, re-tester, s’adapter, bifurquer, se tromper, réparer, tâtonner. Nous écrivions notre plan à mesure que nous avancions. Nous ne savions pas vraiment où nous allions, mais  en écoutant nos intuitions, nous savions que nous allions dans la bonne direction.

Quand on crée une entreprise, on nous dit qu’il faut un business plan. Nous n’en avions pas. On nous dit qu’il faut bien préparer et perfectionner son projet avant de le lancer. Nous n’avions rien fait de tout cela. Et pour moi, c’est là la deuxième clé du succès d’un entrepreneur : se lancer.

Lire : elles se sont lancées

Nous avions une vision. Et au lieu de passer des mois à perfectionner notre stratégie, nous la testions aussitôt que l’idée nous venait. Qu’avait-on à perdre ? Si ce n’est confronter notre idée aux besoins de notre communauté et voir, grâce aux retours, si notre chemin était le bon. Profitons d’être encore petits pour nous tromper. S’il y a bien un moment pour le faire, c’est maintenant !

Notre entreprise nous l’avons construite comme ça : nous avions un rêve, le lendemain nous le réalisions, le surlendemain notre communauté nous confirmait si c’était une bonne idée, et le jour suivant nous adaptions le projet pour répondre aux retours de nos clients. Nous avons laissé beaucoup de projets sur la route, soit parce qu’ils étaient mauvais, soit parce qu’ils ne nous correspondaient pas. Nous étions toujours aussi incapables de mettre des mots sur notre concept, mais nous savions une chose : il était fidèle à nous-mêmes. Et c’est cette intransigeante fidélité qui nous a permis de faire des choses qui tombaient naturellement sous le sens.

Être entrepreneur, c’est comme nager à contre-courant.

Il faut être extrêmement courageux pour résister aux vents contraires. À ceux qui doutent de toi, à ceux qui ne comprennent pas ce que tu fais, à ceux qui voudraient modifier tes plans, à ceux qui veulent t’apprendre des leçons qui ne sont pas pour toi. Nous avons eu la chance d’avoir été soutenues par nos mamans, celle de Marinette (que je ne remercierai jamais assez) nous a poussées de toutes ses forces, la mienne d’abord inquiète puis épatée, nous a rapidement suivies.

Lire : convaincre ses proches de soutenir son projet

Ensemble, nous avons tâtonné et énormément appris. Avec zéro euro, nous avons créé 20 000€. Nous qui n’avions connu que des stages sous-payés, nous avons réalisé que nous étions capables de créer de la valeur, même avec rien. Quel sentiment incroyable de fierté et d’indépendance ! À partir de là, le mot impossible s’est effacé de nos vocabulaires. Il a été remplacé par les mots efforts, foi, passion et sacrifices.

Notre chiffre d’affaire a rapidement maigri en bénéfice net, qui a entièrement été réinvesti pour la création de notre société : Oh my Blog ! Events S.A.S.  Il m’a fallu énormément de temps pour accepter d’en faire une « vraie » structure. Ma peur de m’engager en tant qu’associée, mais aussi ma peur d’avouer que les choses sérieuses commençaient. Ma peur de voir mon rêve officiellement réalisé aux yeux de la loi et du monde entier.

Ma peur d’être légitime, pour résumer.

En créant notre société, notre avocat nous conseille de ne pas nous payer pendant une année entière. Ne pas être salarié la première année pour éviter de se plomber en charges, prendre le temps de trouver notre rythme et se partager les dividendes au 31/12. Le mot sacrifice prend alors tout son sens. Comment faire pour payer nos loyers, nos emprunts d’étudiants et survivre en développant l’entreprise durant toute une année ?

Créer son entreprise à 24 ans, cela semble idyllique car on n’a pas d’enfant ou de maison à payer. Pour moi, il n’y a pas de moment parfait. On a tous une situation avec des obligations et un exemple de personne qui y est arrivé dans des circonstances pires que nous. Pour ma part, il a fallu oublier mes rêves de propriété et même d’indépendance. Après 4 ans dans mon propre chez moi, j’ai dû demander asile chez mes parents et convaincre mon chéri d’être patient. À cette époque, les aides pour les créateurs d’entreprise pullulent, mais pour les étudiants de 24 ans qui deviennent entrepreneurs, il n’existe rien. Pas de chômage, pas d’aide de solidarité, rien.

Pour Marinette, impossible de retourner dans le Sud, ni de déménager. Et un gros loyer à payer. Il va falloir être créative une fois de plus.

C’est à ce moment qu’un rêve, longtemps mis de côté, remonte à la surface en me disant : c’est le moment…

 

Rendez-vous ici pour la dernière partie ! Merci d’avoir lu en entier 😉

 

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7 Comments

  • Reply Florence 19 septembre 2015 at 20 h 42 min

    Ton parcours est très inspirant. Bravo.
    J’ai poussé un immense soupir de soulagement en lisant que tu n’avais pas de business plan mais une vision. Je rejoins parfaitement ce point de vue.
    De même, lorsque mon entourage, avec une casquette de « contrôleur de gestion », a commencé à me dire que mes emballages coûtaient trop chers. J’ai tenu bon. Parce que cela fait partie de ce que j’ai envie d’offrir à mes clients.
    J’aime bien cette citation (de Reid Hoffman): « Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui saute d’une montagne et qui construit un avion pendant la descente »
    Merci pour cet article.

  • Reply Marjolaine 19 septembre 2015 at 22 h 50 min

    Merci Anouk pour cette deuxième partie. Bravo pour ton parcours, vraiment !
    De mon côté, j’ai fait une étude de marché avant d’ouvrir mon entreprise. Une choses qui me vient de mes études de communication et qui, j’avoue, me permettait d’un peu mieux cacher mes doutes et mon manque de confiance en moi. Je pensais me rassurer… Mais au final, le mieux c’est quand on se lance et qu’on vit l’expérience avec ces hauts et ces bas. Y a rien de plus formateur professionnellement et personnellement ! J’ai hâte de lire la suite…vivement la semaine prochaine !

  • Reply Claire de Buttet 20 septembre 2015 at 9 h 26 min

    Merci Anouk ! Ca booste de te lire ! Avancer vers sa vision, ajuster, se tromper, continuer c’est ça la vie d’entrepreneur ! Gratitude pour la vie et pour tous les multi talents que nous avons toutes !

  • Reply My french Touch 20 septembre 2015 at 9 h 35 min

    merci pour cette série d’articles, aujourd’hui c’est un peu mon tour, et j’ai quitté Paris (un loyer exorbitant) avec les filles sous le bras ( on a perdu le père en cours de route) pour tenter l’aventure de l’entreprenariat.
    J’ai pris un congé sabbatique ( a 46 ans et deux enfants à charge je n’ai pas voulu prendre trop de risque non plus) et je suis retournée vivre chez mes parents comme toi.
    Bon c’est tout neuf, je patauge un peu seule et sans moyens ( je garde mes économies pour la vie de tous les jours) et je dois chaque jour surmont les doutes qui m’assaillent, je bosse 10/12 h par jour mais je ne regrette rien.
    Carole

  • Reply Margaux - Oh et Puis 21 septembre 2015 at 8 h 07 min

    Ton récit est hyper motivant ! En ce moment, je suis partagé entre le fait d’être ultra motivé et le doute le plus total. Il y a des jours ou je me dis « ouiii » et d’autre ou je me dis « noooon ». Ce matin ton article me fera dire oui pour la journée !

  • Reply Lely 21 septembre 2015 at 16 h 50 min

    Merci beaucoup Anouk pour ce partage. 🙂

  • Reply Anita 22 septembre 2015 at 8 h 24 min

    Merci Anouk pour tes articles motivants et encourageants. On se sent moins seule en te lisant. Le partage de ton expérience est un cadeau précieux !

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